Les Bécosses | Demi-marathon de la Bande du Canal

Vendredi 14 juillet. Le demi-marathon de la bande du canal, c’est une tradition. C’est la première course que j’ai faite avec Greg l’an dernier. C’est un peu comme le petit apéro qui débute une belle soirée: cette course, c’était l’inauguration de notre relation. Naturellement, il fallait qu’on y retourne cette année.

Cependant, cette fois-ci, mon but n’est pas de simplement m’amuser. Nenon. Ce soir, le “fun” va émerger d’la souffrance. Le fin dessein de cette soirée: 1h39 pour un demi. Shlak. 6 minutes de moins que mon meilleur temps établi à Sherbrooke l’an passé. Rien. De. Moins. Sans entraînement particulier autre que faire du volume pour un 80K, j’ai hâte de voir ce que ça va donner.

18h15. On s’aligne comme des p’tites sardines sur l’étroite bande du canal. C’est un départ!

2017-07-14 | 2017 Demi-Marathon de la Bande du Canal

Je mets ma musique dans l’tapis. Je pense que tout le monde autour doit l’entendre. C’est pas d’la p’tite musique douce en plus. Mais bon, au ‘iâble l’espace auditif commun, j’ai besoin de ma concentration et de mes grosses drops de basse pour espérer garder ma vitesse.

Contre toute attente, les jambes coopèrent. Je me sens flotter. Si bien qu’on a déjà franchi quelques kilomètres autour de 4:40/km.

Ok, peux-tu me laisser te dépasser?

Maudit que j’haïs ça quand des hommes orgueilleux accélèrent alors qu’ils m’aperçoivent dans leur angle mort. Heille chose, tu cours plus lentement que moi. Vas pas te péter une crise cardiaque par prétention s’il-te-plaît. Reste calme et cours comme on dit!

10e km. Quoi? Déjà! M’semble que ça fait 5 minutes que je cours. Je valide les dires de la petite pancarte avec ma montre. Oh bin. Crime bine. Ça fait réellement 10 km que je cours. Le retour approche. Les premiers coureurs reviennent déjà. Je compte. Je suis la 8e femme.

À 10.5 km, c’est le point de demi tour. J’ouvre mon gel, l’ingère rondement, m’étouffe et prie pour avoir de l’eau rapidement afin de faire passer la mixture pâteuse.

Je garde une belle vitesse. J’oscille maintenant entre 4:30 et 4:35 / km.

On arrive au 14e. En voyant l’affiche, Greg (qui court avec moi depuis le début pour me pacer) me pointe le petit boisé qui longe la piste. Je lui fais une grimace. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, la voici (Imaginez-vous la scène en noir et blanc, ça date de l’an passé):

15 juillet 2016. Tout allait tellement bien! Puis, ma gourmandise des jours précédents m’a rattrapée. Faisant une Gargantua de moi-même, j’avais englouti deux casseaux de bleuets en deux jours. Vous devinerez que ce n’était certainement pas une bonne idée.

Au 14e kilomètre, j’ai abdiqué. Je n’en pouvais plus. Faute de toilettes à proximité, je suis sortie du parcours et me suis frayé un chemin dans un boisé aucunement défriché et clairement infesté d’herbe à poux, de branches mortes, de toiles d’araignées et de broussaille peu invitante. Je vous épargne les détails.

 

De retour à la réalité. On est au 14e km de l’édition 2017 de l’évènement et je pense que je vis un cauchemar. Mon bas-ventre fait des siennes. Au même endroit. Bin non! Voyons. Ça a commencé d’un coup, sans avertir. C’est obnubilant. FUUUUUDGE. Moi qui a éliminé tous les petits fruits de mes plats dans les derniers jours afin d’éviter ce genre de problème.

15e km. On traverse une route. À ma gauche, il y a un petit pont – aucunement conçu pour accueillir sécuritairement des piétons – menant de l’autre côté de la voie navigable du canal. J’étire mon cou. Je pense que j’ai une hallucination. DEUX TOILETTES CHIMIQUES. Je poursuis ma route. Je pèse le pour et le contre.

Et…

Je reviens sur mes pas, bifurque à toute allure sur le petit pont sous les regards ébahis des bénévoles qui ne comprennent clairement pas la situation urgente dans laquelle je me situe présentement.

Soulagement mes amis. Le 16e km m’aura pris 7:22. M’en fous.

Je repars comme une gazelle pour rattraper tous ceux qui m’ont dépassée pendant mon petit détour impromptu. Je croise les coureurs du 10 km. Je reconnais quelques visages. Merci pour les encouragements d’ailleurs!

À un certain moment, je tombe dans ma bulle. 4:34, 4:37, 4:37, 4:24.

Je suis très près de la ligne d’arrivée. Je vois le chrono défiler sur ma montre. Mon temps officiel ne sera pas le bon (détour de 300 mètres pour faire vous-savez-quoi). Je franchis le 21e km après 1h39:30. YES.

Je continue à courir. Je me sens voler. Il y a une belle haie de gens qui encouragent sur les derniers 200 mètres. Je pousse.

2017-07-14 | 2017 Demi-Marathon de la Bande du Canal
Quadzilla is comin’!

Temps officiel: 1h41:30 pour 21.4 km (j’insiste sur les 300 mètres supplémentaires).

PB chiasse et PB demi-marathon.

Maudit que j’ai eu du fun. C’est rare que je me pousse longtemps dans mes entraînements. Ça fait du bien. C’est une thérapie, les toxines déguerpissent, le souffle s’échappe.

Faudra définitivement le refaire l’an prochain. Pour voir si c’est une malédiction qui s’abat sur mes intestins ou si j’ai quelque chose à comprendre lorsque je mets les pieds à Chambly! Comme on dit, jamais deux sans trois! 😉

P.S. N’oubliez pas d’aller jeter un coup d’oeil à ma page Facebook si vous ne la suivez pas déjà. Je ne donne pas de conseils ou de trucs bien techniques, mais de la motivation et des belles photos, ça, j’en ai pour tout le monde! Par ici: Ces Mille Pas 🙂

 

 

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2 réflexions sur “Les Bécosses | Demi-marathon de la Bande du Canal

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