Les Agrumes [Réflexions pré 50K]

Vous le savez déjà, mais je réitère : je participe à mon premier ultramarathon dans 1 semaine. Est-ce que je viens vraiment d’écrire ces mots?

Apparemment, oui. J’ai bel et bien tapé la phrase précédente de mon plein gré, entièrement consciente et bien réveillée par le merveilleux café que je suis en train de siroter dans un Starbucks de Griffintown, où un flux torrentiel de citadins pressés défile devant mes yeux depuis maintenant une heure.

Donc, j’ai beau être dans les vapes caféinées et bourrée de pollen Montréalais, je suis lucide.

Ça aurait été beaucoup moins compliqué de simplement me réinscrire au marathon de Montréal, de commencer un entraînement que je connais maintenant par cœur et de rester bien peinarde dans un univers qui m’est plus que familier – presque intime.

MAAAAAAIS NON.

J’ai décidé d’embrasser l’inconfort et l’inconnu. Car je n’ai absolument aucune idée, mais absolument aucune idée de ce qui m’attend. Oui, oui, je connais les données topographiques; je sais que je vais faire frire mes pauvres petites jambes pendant un bon 8h et qu’elles me bouderont probablement pendant une semaine; je sais aussi qu’il y aura des patates salées et du lait de soya chocolaté aux ravitos, mais autre que ça… Je suis pas mal comme un p’tit protiste seul dans l’océan atlantique. Vouéla mon « feeling » abyssal du moment.

Les agrumes

 J’ai 4 marathons derrière la ceinture. C’est un nombre respectable considérant que j’ai 20 ans. Même si chacune de ces courses a su m’amuser et me challenger, l’effet de surprise est plus ou moins disparu de la mappe. Je sais que jusqu’au 30e tout roule et qu’ensuite je « pogne » un down et que je veux faire un p’tit dodo sur l’accotement. Je sais aussi que j’ai toujours envie de manger du melon d’eau et des oranges mais que je dois me contenter de saveurs d’agrumes industriels.

L’inconfort

 Sur route, on a le confort des stations d’eau aux 3 km.

Pour mon 50, il y a 6 ravitos au total. C’est donc une responsabilité de plus qui m’est confiée, un tracas qui n’existe pas lors d’une course sur route. Aurai-je assez d’eau ? Comment dois-je gérer mon hydratation, mes électrolytes, mes glucides pour m’assurer de consommer assez mais jamais trop ? Suis-je assez entraînée? Ai-je fait assez de dénivelé?

Kronos, l’inconnu

 Sur route, j’arrive à faire des estimations, je sais que je serai en mesure de terminer dans un temps X, Y ou Z. Là? Même avec le théorème de Pythagore ou la loi de Kepler, mystère.  C’en est déboussolant. Tout ce qu’on fait est régi par le temps, et moi je me jette dans la bouche d’une chronophage qui m’enlèvera tout repère.

 WELCOME TO THE JUNGLE.

Five Peaks, j’suis crinquée à l’os. J’suis prête. Prête à me jeter dans la gueule du loup.

#EtPrêteMentalementÀPerdreMesOngles

18527046_788179264681863_177427225182872910_o

Advertisements

7 réflexions sur “Les Agrumes [Réflexions pré 50K]

  1. Fais ce que tu sais mieux faire, courir et amuse-toi, comme tu l’as si bien dit, tu n’as que 20 ans……ne sois pas trop exigeante envers toi, tu feras ton expérience et verras tous ces obstacles par toi-même et saura juger de ce que tu dois faire durant le parcours…..sois à la hauteur de toi-même et ce sera déjà « exceptionnel » bon marathon …..:-)

    J’aime

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s